La Fédération Américaine des Enseignants (AFT) presse le Sénat de reconsidérer le projet de loi sur la régulation du marché crypto en 2025
- Pourquoi l'AFT s'oppose-t-elle farouchement à ce projet de loi ?
- Quels sont les risques concrets pour les fonds de retraite ?
- Comment le projet traite-t-il la question des fraudes cryptos ?
- Quelles alternatives propose le secteur ?
- Les cryptos menacent-elles vraiment la stabilité financière ?
- Questions fréquentes
Un clivage persiste autour du projet de loi visant à encadrer le marché des cryptomonnaies. L'AFT, représentant 1,8 million de membres, sonne l'alarme : ce texte menacerait les retraites et la stabilité financière. Les partisans y voient pourtant une opportunité de clarifier les règles pour ce secteur en pleine expansion. Le débat s'intensifie alors que le Sénat américain examine une version révisée du texte.

Pourquoi l'AFT s'oppose-t-elle farouchement à ce projet de loi ?
Randi Weingarten, présidente de l'AFT, a transmis une lettre cinglante au Sénat lundi dernier. Selon elle, ce texte "expose les familles travailleuses - y compris celles sans aucun lien actuel avec les cryptos - à des risques économiques inédits". Le syndicat redoute particulièrement l'érosion des protections historiques qui garantissent aujourd'hui la stabilité des fonds de pension. "Nos membres comptent sur ces économies pour leur retraite. Ce projet les met en péril", a-t-elle martelé.
Quels sont les risques concrets pour les fonds de retraite ?
L'AFT identifie trois dangers majeurs :
- Permettre aux entreprises de transférer des actifs vers des blockchains, échappant ainsi aux règles de transparence
- Affaiblir les garde-fous existants pour les valeurs mobilières traditionnelles
- Introduire des produits cryptos risqués dans les portefeuilles de retraite sans cadre réglementaire adéquat
Comment le projet traite-t-il la question des fraudes cryptos ?
Selon l'AFT, le texte actuel reste étonnamment silencieux sur ce point crucial. Pourtant, les arnaques dans l'espace crypto ont coûté plus de $10 milliards aux investisseurs depuis 2020 (source : Chainalysis). "Ce projet ouvre grand les portes aux mauvais acteurs tout en désarmant les mécanismes de protection", déplore Weingarten. Le syndicat craint que cette combinaison ne prépare le terrain pour une future crise financière.
Quelles alternatives propose le secteur ?
La Loi pour l'Innovation Financière Responsable, initiative bipartisane lancée en 2022, pourrait servir de modèle. Son dernier draft clarifie notamment :
- La définition des cryptos et stablecoins
- La répartition des compétences entre la SEC et la CFTC
- Les exigences de transparence pour les émetteurs
Les cryptos menacent-elles vraiment la stabilité financière ?
Avec une capitalisation totale d'environ $1,200 milliards (source : CoinMarketCap), le marché crypto reste modeste comparé aux marchés traditionnels. Mais son interconnexion croissante avec le système financier inquiète les régulateurs. "Ce n'est pas la taille qui compte, mais les canaux de contagion", rappelle un ancien de la Fed. L'AFT souligne que même une petite exposition des fonds de pension pourrait avoir des effets systémiques.
Questions fréquentes
Pourquoi l'AFT s'implique-t-elle dans ce débat ?
L'AFT représente 1,8 million d'enseignants dont les retraites dépendent de la stabilité des marchés. Le syndicat estime que ce projet menace directement la sécurité financière de ses membres.
Le projet de loi interdit-il les cryptos dans les fonds de pension ?
Non, et c'est précisément le problème selon l'AFT. Le texte n'interdit pas ces investissements mais ne fournit pas non plus de cadre de protection adéquat, créant une zone grise dangereuse.
Quelles cryptos seraient concernées ?
Tous les actifs numériques, y compris les stablecoins comme USDT ou USDC. Le bitcoin et l'Ethereum seraient évidemment dans le viseur, mais aussi des milliers d'altcoins moins connus.