L’UE accélère l’élimination de la technologie chinoise des infrastructures critiques en 2026
- Quel est le plan de l’UE pour se libérer de la technologie chinoise ?
- Les États membres sont-ils tous d’accord avec cette interdiction ?
- Quelles alternatives pour l’Europe ?
- Quels sont les enjeux économiques et sécuritaires ?
L’Union européenne intensifie ses efforts pour réduire sa dépendance technologique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis, avec des mesures concrètes prévues dès cette année. Entre interdictions progressives, investissements locaux et tensions géopolitiques, le paysage technologique européen se redessine.
Quel est le plan de l’UE pour se libérer de la technologie chinoise ?
La Commission européenne prépare une nouvelle Loi sur la Cybersécurité qui obligerait les États membres à remplacer les équipements des fournisseurs considérés comme « à haut risque », notamment Huawei et ZTE. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’autonomie technologique de l’Europe. Bruxelles craint que l’utilisation de matériel chinois dans les infrastructures sensibles ne pose des risques pour la sécurité nationale. Cependant, certains pays, comme l’Espagne, continuent de collaborer étroitement avec ces fournisseurs. Par exemple, le ministère espagnol de l’Intérieur a signé un contrat de 12,3 millions d’euros avec Huawei en juillet 2025 pour des serveurs de stockage de données sensibles.
Les États membres sont-ils tous d’accord avec cette interdiction ?
La position varie considérablement d’un pays à l’autre. L’Allemagne, par exemple, a longtemps hésité avant de prendre des mesures fermes contre les équipements chinois, craignant des représailles économiques. Pékin avait en effet menacé de déclarer les voitures allemandes « non sécurisées » en cas d’interdiction de Huawei. Finalement, en juillet 2024, Berlin a conclu un accord avec les opérateurs télécoms pour retirer progressivement les composants chinois des réseaux principaux d’ici 2026, et des réseaux d’accès d’ici 2029. D’autres pays, comme la Pologne et les Pays-Bas, ont déjà pris des mesures plus radicales, comme des perquisitions dans les bureaux de l’entreprise chinoise Nuctech.
Quelles alternatives pour l’Europe ?
Face à cette double dépendance (Chine et États-Unis), l’UE mise sur les acteurs locaux comme Ericsson (Suède) et Nokia (Finlande) pour construire son indépendance technologique. Cependant, ces entreprises ne couvrent pas tous les besoins, ce qui pourrait entraîner des surcoûts et des retards dans les déploiements. La Chine, de son côté, dénonce une violation des principes du marché libre et met en garde contre les conséquences financières pour les consommateurs européens.
Quels sont les enjeux économiques et sécuritaires ?
Les implications sont multiples : coûts de remplacement des infrastructures, risques de pénuries, tensions diplomatiques, etc. Les États-Unis ont déjà averti que le partage de renseignements avec des pays utilisant du matériel chinois pourrait être compromis. Par ailleurs, la Commission européenne enquête sur d’éventuelles subventions publiques chinoises qui faussent la concurrence, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et des équipements de sécurité.