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Stablecoins : L’arme secrète des États sanctionnés et l’outil rêvé pour l’évasion fiscale ?

Stablecoins : L’arme secrète des États sanctionnés et l’outil rêvé pour l’évasion fiscale ?

Published:
2025-08-09 03:05:21
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Les stablecoins, ces cryptomonnaies adossées à des actifs stables, sont-ils en train de devenir le passeport financier des États sous sanctions ?

Alors que les gouvernements renforcent leur contrôle sur les flux financiers traditionnels, les stablecoins offrent une échappatoire trop tentante. Leur nature décentralisée et leur stabilité relative en font un outil idéal pour contourner les restrictions.

Évasion fiscale : Le nouveau Far West numérique

Sans régulation claire, les stablecoins permettent de transférer des fonds en toute discrétion. Les autorités fiscales du monde entier commencent à réaliser l'ampleur du phénomène.

Les banques centrales s'inquiètent, mais agissent-elles assez vite ? Entre-temps, les stablecoins continuent de prospérer - après tout, en finance, si c'est légal (ou pas encore illégal), c'est bon à prendre.

 A7A5 : le stablecoin russe qui permet d’échapper aux sanctions

En 2025, le stablecoin A7A5, émise par Promsvyazbank (banque russe) et enregistrée au Kirghizistan, est devenu un outil clé pour faire circuler des fonds hors du système SWIFT. Selon Elliptic, les transferts via A7A5 ont dépassé, avec des flux journaliers à plus d’un milliard.

  • A7A5 est adossé 1:1 au rouble, comme promis par Promsvyazbank, pourtant sous sanctions occidentales.
  • Il est principalement utilisé via des exchanges comme Garantex ou Grinex, soupçonnés de servir les intérêts des élites russes.
  • Chainalysis affirme que cette solution a permis à la Russie de traiter 63 % des transactions illégales en crypto en 2024.

Ce cas démontre ainsi que les stablecoins peuvent être déployés au niveau national comme alternative aux règles financières occidentales, même dans un régime de sanctions strictes.

Evita Pay / Evita : quand stablecoin rime avec blanchiment d’État

Le Russe(alias George Goognin) a été inculpé pour avoir transférévia Tether vers des entités russes et chinoises sous sanction américaine.

Ses transactions totalisent plus de 2 milliards de dollars via la fintech, facilitant l’accès aux marchés occidentaux. Son réseau aurait permis des transactions liées àet des exportations de biens à double usage à base de stablecoins.

Ce cas a été soulevé alors que le, mettant en lumière les lacunes existantes dans le cadre réglementaire.

Ainsi, même un stablecoin privée comme Tether peut être exploité comme canal bancaire clandestin si les contrôles font défaut.

GENIUS Act, le cadre américain qui inquiète autant qu’il rassure

Adopté en juillet 2025, leoffre un cadre réglementaire inédit pour les stablecoins aux États-Unis. Les émetteurs doivent ainsi se conformer au, mettre en place des programmes AML/combating sanctions avec identification KYC et surveillance des transactions.

Toutefois, certains critiques — dont Carla Sanchez-Adams — alertent sur les failles : le texte permet aux géants du retail comme Amazon ou Meta d’émettre des stablecoins sans les mêmes protections bancaires, ouvrant la voie au risque de fraude et de surveillance insuffisante.

Par ailleurs, l’Attorney General Letitia James invite à durcir les contrôles pour empêcher le financement du terrorisme ou la manipulation de marché via stablecoins.

Risques fiscaux : stablecoins et évasion organisée

Au-delà de l’usage par des États, les stablecoins peuvent aussi servir àou. En Inde, notamment, l’administration fiscale enquête sur l’usage despour dissimuler des gains non déclarés à travers des conversions en stablecoins.

Par ailleurs, lede l’OCDE vise à instaurer des échanges automatiques d’informations entre États pour réduire l’évasion via crypto. En effet, sans cette transparence accrue, les stablecoins pourraient être utilisés pour, transférer des gains, puis reconvertir de manière opaque.

Les failles du système : anonymat, rapidité, fragmentation

: Malgré les obligations KYC, les transactions en(portefeuilles non custodial) restent largement semi-anonymes. TRM Labs souligne que l’adoption plus large de ces portefeuilles facilite l’évasion financière et la dissimulation d’activité illégale.

: L’absence d’uniformité des régulations entre juridictions permet l’arbitrage fiscal ou commercial via des stablecoins émis dans des pays “moins regardants” comme le Kirghizistan ou la Suisse.

Même si le GENIUS Act impose la couverture 1:1, plusieurs analystes (TS Lombard, Moody’s) alertent : une crise de confiance pourrait entraîner des “bank runs” crypto, pertes de peg et effondrement de valeur, exposant les détenteurs à des risques financiers sérieux.

Vers un monde où le stablecoin remplace l’argent liquide ?

La, notamment s’alarme : les stablecoins en dollar américains minent l’autonomie monétaire de l’UE. Elle appelle ainsi à accélérer l’euro numérique et les stablecoins en euros pour conserver la souveraineté économique.

En parallèle, des liaisons avec des réseaux commeauraient révélé l’usage de Tether dans des schémas de blanchiment russes en Europe, avec plus de 100 milliards £ en jeu chaque année via crypto.

Étude académique sur l’échec des sanctions via crypto

Une étude de 2024 a évalué l’efficacité des sanctions sur entités utilisant crypto. Sur 50 cas, moitié seulement respectait l’effet, et plusieurs continuaient d’émettre via services rapides ou mixeurs, rendant les sanctions largement inefficaces en pratique.

Tableau récapitulatif des risques

Risque principalExemple récentImpact potentiel
Sanctions évitables via stablecoinsA7A5 (Russie) / Evita PayÉtats sanctionnés peuvent poursuivre activités clandestines
Blanchiment ou fraude individuelleEvita Pay, schémas transfrontaliersFlux opaques, placements immobiliers, revenus non déclarés
Instabilité & perte de pegUSDC dépeggé après SVBRisques de panique financière et retrait de confiance
Érosion de la souveraineté monétaireStablecoin USD dominant l’UEMoins de contrôle pour banques centrales
Risque réglementaire incompletGENIUS Act jugé trop laxisteFailles persistantes dans les arrières plans

Quelles solutions proposées ?

  • Renforcer le CARF : exiger que les plateformes CASP (Crypto‑Asset Service Providers) partagent systématiquement les données fiscales de leurs clients, comme le prévoit le cadre OCDE.
  •  Coordination internationale : harmoniser les régulations autour des standards AML/KYC via le Genius Act, Clarity Act, et initiatives de l’UE ou du Forum of Stablecoin Authorities.
  • Surveiller les usages suspects grâce à l’intelligence blockchain : utiliser des outils comme TRM Labs, Chainalysis, Elliptic pour détecter les mouvements de stablecoins vers zones sous sanction.
  • Promouvoir les stablecoins publics (euros numérique, CBDC) : L’UE et d’autres pourraient accélérer les projets de monnaies digitales publiques pour réduire l’influence des stablecoins privés.

Pour conclure

Les stablecoins ne sont pas intrinsèquement : ils facilitent des paiements rapides, transfrontaliers, et un écosystème DeFi incitatif. Toutefois, leur pouvoir deen fait aussi des outils puissants pour l’évasion fiscale et la contournement des sanctions.

Cerisque de laisser derrière elle un monde où certains États ou acteurs opèrent dans une zone grise hors contrôle. Sans législation internationale plus stricte, et une surveillance accrue,.

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