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ChatGPT : vos requêtes menacent-elles vraiment la planète ? (Spoiler : oui, mais pas comme vous le pensez)

ChatGPT : vos requêtes menacent-elles vraiment la planète ? (Spoiler : oui, mais pas comme vous le pensez)

Published:
2025-06-28 13:30:00
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L'IA dévore des watts comme un mineur de Bitcoin en pleine bull run. Chaque requête ChatGPT consomme l'équivalent énergétique d'une gorgée de café - sauf qu'on en avale 10 millions par heure. Les data centers sucent autant d'électricité que des petits pays. Pendant ce temps, les GAFAM verdissent leur image avec des crédits carbone achetés à des fermes éoliennes virtuelles.

Le coût caché de l'intelligence artificielle ? Un bilan carbone qui explose comme une shitcoin en 2021. Mais rassurez-vous : votre dernier prompt sur 'les meilleures recettes vegan' a probablement moins d'impact que le yacht de Jeff Bezos.

ChatGPT : une requête qui consomme plus qu’on ne le croit

Chaque fois que vous interrogez ChatGPT, vous déclenchez l’activation de serveurs puissants dans des centres de données. Selon OpenAI, une simple requête texte sur ChatGPT consommerait environ(watt-heure), ce qui peut sembler négligeable individuellement. En comparaison, une recherche Google classique consomme environ, soit dix fois moins. Mais dès lors que vous passez à la génération d’images ou de vidéos par IA, la consommation explose : une image générée en 1024×1024 avec un seul GPU peut consommer, et une vidéo de 6 secondes en qualité standard entre.

Quand on multiplie cette consommation par le nombre d’utilisateurs, le bilan devient colossal. ChatGPT compte environen 2024, et des milliards de requêtes sont envoyées chaque mois. Cela équivaut à, l’équivalent énergétique de. D’après un rapport du Wall Street Journal, les centres de données pourraient à eux seuls représenter, contre environ.

À cela s’ajoute la problématique de la consommation d’eau. Le Washington Post révèle qu’environsont nécessaires pour généreravec ChatGPT. L’eau est utilisée pour refroidir les GPU, dont la température peut atteindre celle d’un grill électrique. Ainsi, des milliards de litres d’eau sont consommés chaque année pour refroidir les serveurs exécutant nos requêtes les plus anodines.

Et pourtant, les grandes entreprises de l’IA restent opaques. Ni Google, ni Microsoft, ni Meta ne publient de chiffres détaillés sur l’impact énergétique précis de leurs modèles. La chercheuse Sasha Luccioni, de Hugging Face, tente de combler ce vide avec des tests indépendants, mais reconnaît que les mesures restent approximatives. L’absence de transparence empêche ainsi les utilisateurs de faire des choix éclairés.

Les coulisses brûlantes de ChatGPT : GPU, électricité et eau

Les modèles comme ChatGPT reposent sur des GPU très énergivores, souvent produits par Nvidia. Le modèle phare utilisé dans de nombreux centres de données est le, dont les grappes (“SuperPods”) coûtent plus deet nécessitent une infrastructure électrique massive. À Ashburn, en Virginie, un data center visité par le WSJ hébergeait une installation dédiée uniquement à l’inférence des modèles IA, avec un vacarme et une chaleur comparable à un moteur d’avion. Ces installations ne dorment jamais : elles tournent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Outre l’électricité, le refroidissement devient un défi central. Ces serveurs surchauffés sont maintenus à température grâce à des systèmes qui utilisent de l’eau douce. À l’échelle mondiale, cela représentechaque année. À titre d’exemple, OpenAI aurait utiliséen 2023 pour refroidir ses centres cloud. Cette pression environnementale est d’autant plus préoccupante que les centres sont souvent situés dans des régions déjà touchées par le stress hydrique.

L’optimisation technologique avance, mais lentement. Nvidia a annoncé que ses nouvelles puces “Blackwell” consommeraientque les générations précédentes pour une tâche d’inférence identique. Mais ces puces ne sont pas encore déployées à grande échelle. La majorité des centres de données tourne encore sur du matériel plus ancien, moins efficace. Et changer de génération de puces n’est pas immédiat : les coûts sont énormes, et les entreprises doivent amortir les investissements précédents.

En résumé, chaque fois que ChatGPT rédige une réponse, c’est une chaîne entière d’énergie, de refroidissement et de calcul qui se met en marche. Derrière la simplicité de l’interface, c’est une industrie lourde qui carbure. Et cette industrie est alimentée par des sources d’énergie pas toujours renouvelables.

Climat, IA et responsabilité : faut-il renoncer à utiliser les chatbot ?

Doit-on pour autant arrêter d’utiliser ChatGPT ? Pas nécessairement, répond un journaliste spécialisé du Washington Post. Ce qu’il faut, c’est apprendre à l’utiliser de manière responsable. L’une des premières recommandations des chercheurs est de réserver l’usage de ChatGPT aux tâches complexes : rédaction longue, traduction, synthèse de texte… Pour des besoins simples comme connaître les horaires d’un magasin ou la météo, une recherche classique est beaucoup moins énergivore.

Il est aussi possible de réduire l’impact en utilisant les versions les plus légères des modèles. Sur ChatGPT, les abonnés peuvent alterner entre GPT-4, GPT-4o, et la version mini. Or, comme l’ont démontré les chercheurs Socher et Dauner, les modèles légers sont souvent suffisants pour 80 % des cas courants. Leur étude, menée sur 14 modèles d’IA, montre que les plus petits consomment jusqu’à cinq fois moins d’énergie que les plus puissants, tout en maintenant une précision raisonnable.

Autre conseil essentiel :. Chaque mot supplémentaire consomme plus d’énergie, et les prompts fleuris avec “s’il te plaît”, “merci”, ou des introductions superflues n’apportent rien d’un point de vue technique. Même OpenAI l’a reconnu : les formules de politesse sont appréciables humainement, mais inutiles pour les modèles, qui ne sont pas conscients.

Enfin, la responsabilité ne repose pas uniquement sur l’utilisateur. Les entreprises doivent devenir plus transparentes sur leurs consommations, publier des rapports clairs et investir dans des solutions durables. Certaines avancées apparaissent : Microsoft, par exemple, relance des projets de centrales nucléaires dédiées à l’IA, et Google teste des systèmes d’IA sur des serveurs refroidis par eau de mer. Mais ces efforts doivent s’accélérer, car l’IA est là pour durer et son impact grandit chaque jour.

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