Le Genius Act coule : un échec cinglant pour les stablecoins

Le projet de loi ambitieux s’écrase contre les réalités du marché - les régulateurs n’ont pas vu venir la tempête.
Stablecoins en berne : malgré les promesses, le texte législatif n’a pas su convaincre. Entre technosolutionnisme naïf et lobbying bancaire, l’innovation trinque.
Les traders s’en moquent déjà, retournant à leurs leveraged positions sur les shitcoins. La finance traditionnelle savoure son petit victoire... jusqu’à la prochaine crise.
Clap de fin. Rideau. Génie, mais mort-né.
Rappelons que le projet, porté à bout de bras par quelques sénateurs crypto-curieux (et manifestement peu allergiques aux lobbyistes), visait à faire entrer les stablecoins dans le droit américain par la grande porte. Un peu de régulation ici, un soupçon de supervision là, et hop : les Tether, usdc et autres joyeux jetons stables devenaient des citoyens modèles du système financier.
Mais entre l’intention et la réalité, il y a le Capitole – et une majorité démocrate aux aguets.
Et là, plot twist. Ce qui devait être une avancée technologique est devenu une comédie politique. Imaginez :Pourquoi ? Parce qu’un stablecoin soutenu par Abu Dhabi va enrichir une entreprise proche de Donald Trump. Oui, vous avez bien lu. On n’est pas dans une série Netflix, mais dans le vrai monde, où un memecoin à l’effigie de trump promettait des “avantages exclusifs” à ses porteurs.
Les sénateurs se sont alors demandé si légiférer sur les stablecoins ne revenait pas à légaliser la corruption présidentielle à coups de tokens estampillés MAGA.
Quand les barrières sont franchies, il n’y a plus de limites
Too much? Pas pour Elizabeth Warren, qui a déroulé sa rhétorique anti-crypto comme un rug pull annoncé. Pour elle, le Genius Act allait “supercharger la corruption de Trump”. Rien que ça. On a connu des critiques plus techniques.
En somme, ce projet est tombé non pas sur un écueil financier, mais sur un iceberg politique orné d’un toupet blond.
Les républicains, vexés, hurlent au sabotage. “On a fait six versions !”, s’étrangle John Thune, le patron des Républicains, probablement entre deux messages de Circle et Paxos. De leur côté, les démocrates rétorquent : “Oui, mais aucune qui interdit à un Président de s’auto-monter une stable-banque offshore à la faveur d’un texte de loi.” Touché.
Pendant ce temps, l’industrie crypto regarde, médusée. Les régulateurs continuent à bricoler avec des décrets d’un autre siècle, et les investisseurs, eux, restent coincés entre le flou juridique américain et la rigueur toute européenne de MiCA. Les stablecoins continueront d’exister, bien sûr, dans cet entre-deux réglementaire où tout est permis tant qu’on n’en parle pas trop.
Le Genius Act ? Une belle tentative. Mais il faut croire qu’à Washington, même les lois “stables” peuvent manquer d’équilibre. Et pour une fois, ce ne sont pas les marchés qui ont fait planter un projet… mais la politique elle-même. Ironique, non ?