Nvidia PDG Jensen Huang lance un appel à OpenAI dans son premier post X : un tournant pour l’IA et les crypto-monnaies ?
Dans un geste historique, Jensen Huang, PDG de Nvidia, a utilisé son tout premier message sur X (anciennement Twitter) pour interpeller directement OpenAI. Cependant, il ne s'agit pas d'un simple salut : Huang fait référence à l'importance cruciale des modèles d'intelligence artificielle à poids ouverts. Ces systèmes, téléchargeables et réutilisables gratuitement, pourraient démocratiser l'accès à l'IA, bouleversant ainsi le paysage technologique et, par ricochet, les secteurs de la blockchain et des crypto-monnaies. Alors que le marché des actifs numériques observe de près cette dynamique, les analystes y voient un signal haussier potentiel pour les projets décentralisés basés sur l'IA, une tendance qui pourrait propulser des tokens comme BNB vers de nouveaux sommets historiques (ATH) dans un contexte de volatilité accrue.
Pourquoi Nvidia défend les modèles ouverts
Huang a partagé la lettre vendredi. Microsoft, Meta et Hugging Face figurent parmi ses 25 signataires.
For my first post, I’m sharing a letter @NVIDIA signed on why open models matter.
AI will transform every industry, power every company, and be built by every country.
Open models strengthen safety and cybersecurity, accelerate innovation and diffusion, and enable sovereignty.… pic.twitter.com/t02bi51N4C
Le groupe considère les modèles ouverts comme essentiels à la domination américaine dans l’IA. Il les compare aux logiciels open source, qui font fonctionner aujourd’hui une grande partie d’internet.
Le moment choisi est remarquable. Il y a environ un an, le gouvernement soutenait les modèles ouverts dans son propre plan d’action sur l’IA. Il les qualifiait même d’atout stratégique pour le pays.
Les autorités envisagent désormais des restrictions sur Kimi K3 et d’autres modèles chinois. Kimi K3 a été lancé le 16 juillet par Moonshot AI en Chine. Avec 2,8 000 milliards de paramètres, il figure parmi les meilleurs modèles existants, qu’ils soient ouverts ou fermés.
Cette crainte n’est pas nouvelle. En janvier 2025, un modèle peu coûteux de DeepSeek, en Chine, a provoqué une onde de choc chez Nvidia. Le géant des semi-conducteurs a perdu près de 600 milliards de dollars en une journée. C’était alors un record.
L’argument de la sécurité en faveur de l’ouverture
La lettre met également en avant un argument lié à la sécurité. Les modèles ouverts permettent à de nombreuses équipes de vérifier le code. Elles peuvent détecter les défauts et les corriger rapidement. Les modèles fermés restent entre les mains de quelques entreprises seulement, ce que le groupe considère comme une faiblesse.
La lettre apporte une précision supplémentaire. Elle distingue la distillation du vol de propriété intellectuelle. La distillation consiste à entraîner un modèle à partir des résultats d’un autre. Le groupe considère qu’il s’agit là de recherches normales, et non de vol.
Le débat est donc bien réel. Michael Kratsios, conseiller de la Maison Blanche, affirme que Moonshot a copié un modèle américain pour créer Kimi K3.
Deux grands noms manquent toutefois à l’appel : OpenAI et Anthropic n’ont pas signé. Ils ont au contraire averti Washington que la montée en puissance des modèles chinois ouverts représentait un risque.
Le secteur se retrouve donc divisé sur le degré d’ouverture de l’IA. En parallèle, les modèles chinois devancent déjà leurs homologues américains en nombre d’utilisateurs quotidiens.
« Les décideurs ont une réelle opportunité d’agir… et de préserver le pluralisme à la frontière en évitant des restrictions prématurées sur les modèles ouverts, qui étoufferaient la concurrence ou pousseraient l’innovation à l’étranger », défendent les signataires dans leur lettre.
Les prochaines semaines permettront de savoir si Washington sera à l’écoute.
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