Grève illimitée à Radio France : la rentrée de lundi menacée de paralysie totale
Radio France se prépare à un lundi noir. Une grève illimitée pourrait mettre l'antenne en silence—du jamais-vu pour la rentrée.
Mouvement social sans précédent
Les syndicats durcissent le ton. Pas de demi-mesures cette fois : le shutdown pourrait durer des semaines. Les auditeurs devront se tourner vers les podcasts—ou pire, les chaines privées.
Impact financier immédiat
Des millions d'euros de recettes publicitaires évaporées. Une gestion de crise qui ferait rougir un stagiaire en crypto—au moins chez nous, les crashes sont divertissants.
La direction reste sourde
Malgré les ultimatums, aucune négociation en vue. Les salariés maintiennent la pression : grève totale jusqu'à satisfaction des revendications.
Radio France navigue en eaux troubles. Pendant que les ondes se vident, son modèle économique prend l'eau—une stratégie risquée quand l'audience fuit déjà vers le numérique.
A Radio France, la rentrée s'annonce agitée: vent debout contre des projets de réorganisation, les syndicats appellent à une grève illimitée à partir de lundi, qui pourrait perturber les antennes du groupe public, dont la matinale de France Inter, la première du pays.
A la radio, les grilles de rentrée reprennent dès lundi, après la parenthèse estivale et avant celles des télévisions. La matinale d'Inter doit accueillir ce jour-là les premiers pas de sa recrue vedette, Benjamin Duhamel.
Le transfuge de BFMTV rejoint la voix principale de la matinale, Nicolas Demorand, après le départ de Léa Salamé pour le 20h00 de France 2.
Le préavis de grève illimitée a été déposé le 11 juillet par les syndicats CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et UNSA.
Ils rejettent plusieurs réformes voulues par la patronne du groupe, Sibyle Veil. Parmi elles, l'arrêt de la radio Mouv' sur la FM, des changements éditoriaux au sein d'Ici (ex-France Bleu, le réseau des radios locales publiques) et l'arrêt d'émissions d'investigation et de reportage.
"Madame la présidente (...), pour la première fois de notre histoire récente, la rentrée radiophonique pourrait ne pas avoir lieu", ont menacé les syndicats dans un communiqué commun jeudi.
Des discussions menées vendredi avec la direction n'ont pas abouti à la levée du préavis.
"Pour l'heure, la direction refuse la moindre concession ou de revenir sur les projets les plus néfastes pour les équipes et les antennes", ont déploré les syndicats dans un communiqué vendredi soir.
Ces mots d'ordre avaient donné lieu à une première grève très suivie, du 26 au 29 juin.
Elle avait immédiatement été suivie d'une deuxième, mais pour un motif différent. Il s'agissait de protester contre le projet de réforme de l'audiovisuel public porté par la ministre de la Culture, Rachida Dati. Il prévoit de créer une holding, France Médias, qui chapeauterait France Télévisions, Radio France et l'INA (Institut national de l'audiovisuel).
Après un parcours parlementaire heurté, ce texte devrait revenir à l'Assemblée nationale à l'automne. Il a été adopté en juillet par le Sénat, où les débats ont été écourtés par le choix de la ministre d'employer l'arme constitutionnelle du vote bloqué.
Selon les dernières mesures d'audience de Médiamétrie, publiées début juillet, Radio France a enregistré une saison 2024-2025 record sur plusieurs antennes et France Inter a augmenté son avance comme première radio du pays.
■