OpenAI porte sa marge de calcul à 70 % dans sa quête de rentabilité
Cette progression intervient alors que l'entreprise affiche toujours aucune profitabilité, malgré une valorisation à 500 milliards de dollars en octobre. La société continue de chercher des moyens de couvrir sa facture informatique colossale et de construire l'infrastructure supportant ses modèles.
La pression sur les dépenses s'intensifie face à la concurrence. Le modèle Gemini de Google a publié des résultats de benchmark plus solides, poussant Sam Altman, le PDG d'OpenAI, à déclarer un « code rouge » en interne.
Sam a ordonné aux équipes de prioriser les mises à niveau de ChatGPT. Cette décision a également retardé les projets internes de service publicitaire. L'entreprise dépend fortement de l'utilisation gratuite de ChatGPT, elle tente donc de développer des outils professionnels payants dans des secteurs comme la banque et l'éducation, où elle rivalise avec Google et Anthropic.
Suivi des marges plus élevées et des nouveaux plans de revenus
The Information a rapporté qu'OpenAI affiche de meilleures marges de calcul qu'Anthropic pour les comptes payants, mais qu'Anthropic dépense moins en serveurs.
Cette différence illustre la gestion de la charge de calcul par chaque entreprise, alors que le coût d'exécution des grands modèles augmente. La société qui a popularisé l'IA tente toujours d'atteindre la rentabilité tout en étendant l'échelle de ses systèmes.
Sam a partagé plusieurs projections pour justifier les plans de dépenses. Il a déclaré que la société prévoyait un revenu annualisé de 20 milliards de dollars d'ici fin 2024 et vise une croissance à « plusieurs centaines de milliards » d'ici 2030. Il a partagé ces commentaires sur les réseaux sociaux, qu'il utilise souvent pour exposer sa vision des affaires.
Sam a également évoqué de nouveaux secteurs que l'entreprise pourrait explorer, comme les appareils grand public, la robotique, et la vente d'espace de calcul cloud à d'autres entreprises.
Réponses aux questions de financement et préoccupations sur les renflouements
Les dépenses de l'entreprise ont été remises en question lorsque Sarah Friar, la directrice financière, s'est exprimée lors d'un événement tech à Napa, en Californie. La conversation a bifurqué lorsque Sarah a utilisé le terme « filet de sécurité ».
Sarah a déclaré que l'entreprise utiliserait des banques et du capital-investissement pour soutenir son plan d'IA à mille milliards de dollars. Puis elle a ajouté qu'une étape « gouvernementale » pourrait être nécessaire pour « garantir le filet de sécurité qui permet au financement d'avoir lieu ».
Ce commentaire a suscité de vives réactions parmi les observateurs du secteur. Certains ont rappelé une interview de Sam quelques semaines plus tôt, où il évoquait le gouvernement américain comme « l'assureur ultime » en cas de mauvaise utilisation de l'IA.
Sam a par la suite précisé qu'il parlait des dommages causés par des acteurs malveillants, et non du financement des centres de données. Le sujet est remonté jusqu'à Washington, où David Sacks, responsable de l'IA et de la crypto à la Maison Blanche, a déclaré : « Il n'y aura pas de renflouement fédéral pour l'IA ».