Le géant bancaire JPMorgan envisage des prêts garantis par Bitcoin et Ethereum
JPMorgan Chase étudie un plan permettant à certains clients d'emprunter des liquidités en utilisant leurs portefeuilles de bitcoin et d'Ethereum comme garantie. Cette initiative marquerait un virage majeur pour la plus grande banque mondiale et son PDG longtemps sceptique, Jamie Dimon. Cette démarche intervient alors que la réglementation américaine sur les cryptomonnaies commence à se clarifier et que la demande des clients se fait plus pressante.
La banque propose déjà à certains clients fortunés d'emprunter contre des ETF liés aux cryptomonnaies ; l'utilisation des actifs numériques directs pourrait être la prochaine étape.
La question désormais : quand, et sous quelles conditions ?
De « fraude » à garantie : l'évolution de Dimon
Selon des sources proches des discussions internes, JPMorgan étudie comment proposer des prêts garantis où le btc ou l'ETH détenu par le client servirait de collatéral, avec un lancement possible dès l'année prochaine. Les plans pourraient encore évoluer, mais la direction est claire : les clients veulent accéder à des liquidités sans vendre leurs cryptos.
Il y a quelques années, le PDG Jamie Dimon qualifiait Bitcoin de « fraude » et menaçait de licencier tout trader osant s'aventurer dans les cryptos. Aujourd'hui, son revirement surprend : il a récemment reconnu que les stablecoins étaient « réels » et confirmé que JPMorgan travaillerait avec des jetons de dépôt et des actifs numériques régulés.
Certains initiés estiment que le plan pourrait être déployé dès 2025, sous réserve d'obtention des autorisations réglementaires.
Des ETF aux cryptos directes
La banque a déjà franchi une première étape. En juin, elle a commencé à permettre à certains clients fortunés d'emprunter contre des ETF crypto, en commençant par le Fonds Bitcoin iShares de BlackRock, avec l'intention d'en ajouter d'autres. Prêter contre du Bitcoin et de l'Ether spot irait encore plus loin.
Cela soulève des questions pratiques majeures : comment évaluer la garantie dans des marchés volatils ? Qui contrôle les clés privées ? Que se passe-t-il en cas de défaut, obligeant la banque à saisir et liquider des actifs qu'elle ne détient pas ?
Wall Street s'intéresse (prudemment)
L'élan s'est accéléré après l'adoption du GENIUS Act, une nouvelle loi américaine sur les stablecoins. Avec un cadre plus clair, les institutions traditionnelles comme JPMorgan se sentent plus à l'aise pour développer des produits concrets.
D'autres géants s'y intéressent. Morgan Stanley envisage le trading de cryptos via E*Trade. Des sondages institutionnels montrent que la plupart des grands investisseurs prévoient d'augmenter leur exposition aux actifs numériques cette année, pas seulement en Bitcoin et Ether, mais aussi en altcoins majeurs et stablecoins régulés.
Néanmoins, JPMorgan reste prudent. Elle prédit un marché des stablecoins à 500 milliards de dollars d'ici 2028, mais juge les estimations à 1000 milliards irréalistes.
Traduit par IronSpecter