Le fisc britannique (HMRC) lance un assaut sans précédent : 300 millions de livres sterling en impôts sur les cryptos en jeu, les plateformes sommées de livrer leurs utilisateurs
Le bras armé du fisc britannique passe à l'offensive. L'HMRC vient d'ordonner aux principales plateformes d'échange de cryptomonnaies de lui transmettre les données de leurs clients. Objectif affiché : récupérer près de 300 millions de livres sterling en impôts impayés.
La chasse aux capitaux non déclarés s'intensifie
Cette injonction massive marque un tournant dans la régulation crypto au Royaume-Uni. Les autorités estiment qu'une part significative des gains réalisés sur les actifs numériques échappe encore à l'impôt. En forçant la main des intermédiaires, le fisc espère combler ce manque à gagner et envoyer un message clair à l'ensemble du secteur.
Les plateformes, nouvelles sentinelles fiscales ?
Les exchanges se retrouvent désormais en première ligne de la collecte. Cette décision les transforme de facto en auxiliaires du Trésor, une responsabilité qui pourrait alourdir leur charge administrative et complexifier leur relation avec une clientèle souvent attachée à l'anonymat relatif des blockchains. Un coup de canif dans l'idéal décentralisé, pour certains puristes.
Un signal fort pour un marché en pleine maturation
Cette offensive n'est pas une surprise. Elle s'inscrit dans une tendance globale de normalisation fiscale du secteur crypto. Les gouvernements du monde entier cherchent à intégrer ces nouveaux actifs dans leurs cadres réglementaires existants. Le Royaume-Uni, avec cette action d'envergure, montre qu'il entend bien sa part du gâteau – un gâteau estimé ici à 300 millions de livres.
La finance traditionnelle rattrape toujours son retard, mais elle envoie toujours la facture. L'ère de la 'Wild West' crypto touche à sa fin sous les coups de boutoir des administrations fiscales. La prochaine étape ? Probablement une automatisation de ces prélèvements à la source, scellant définitivement l'entrée des cryptos dans le paysage financier conventionnel – qu'on le veuille ou non.
Le HMRC souhaite que les plateformes de cryptomonnaies collectent des données utilisateur exactes
D'après les informations disponibles, ces nouvelles règles visent à compliquer la tâche des investisseurs en cryptomonnaies souhaitant échapper à l'impôt sur les plus-values (CGT) réalisées sur leurs gains de trading. Elles s'inscrivent également dans une démarche plus globale de renforcement de la réglementation du secteur des cryptomonnaies, en pleine expansion. Ces dernières années, le HMRC (administration fiscale britannique) a rencontré des difficultés pour recouvrer les impôts auprès des investisseurs, notamment ceux qui achètent à bas prix et revendent à prix élevé. Ces modifications devraient toutefois générer environ 300 millions de livres sterling de recettes fiscales supplémentaires.
Les investisseurs sont invités à fournir des informations d'denttelles que leurs nom, date de naissance, numéro d'dentfiscale ou d'assurance, ainsi que leur adresse ou pays de résidence. Ces règles s'appliquent à toutes les plateformes permettant aux utilisateurs d'acheter, de vendre, de transférer ou d'échanger des actifs numériques, ou de faire réaliser de telles transactions en leur nom. Elles concernent tous les actifs numériques, et pas seulement les cryptomonnaies. Ces règles font partie du Cadre de déclaration des crypto-actifs (CARF), un accord signé pour le partage d'informations entre plusieurs pays.
L'administration fiscale britannique (HMRC) recevra des informations sur les investisseurs résidant au Royaume-Uni ayant utilisé des plateformes de cryptomonnaies situées dans des pays respectant la réglementation CARF. Selon l'HMRC, les utilisateurs sont tenus de payer des impôts, les actifs numériques étant soumis à l'impôt sur les plus-values (CGT) lors de leur cession. Cela inclut la vente, l'échange, la dépense et le don (sauf s'il est précisé qu'il s'agit d'un don à un conjoint, un partenaire de PACS ou un organisme caritatif). Conformément à la législation fiscale, une fois qu'un utilisateur a cédé un actif numérique, il est tenu de payer un pourcentage du profit réalisé avant la vente.
Abattement fiscal plafonné à 3 000 £
Il existe un abattement fiscal sur les plus-values, actuellement fixé à 3 000 £. Cela signifie que si le total des gains provenant d'investissements imposables ne dépasse pas 3 000 £, les utilisateurs ne sont pas tenus de payer d'impôt. En revanche, si le gain dépasse ce seuil, l'utilisateur doit calculer et payer l'impôt. De plus, les investisseurs peuvent compenser leurs gains avec leurs pertes afin de réduire leur imposition. Cela signifie qu'ils peuvent déclarer des pertes remontant à environ quatre ans après la fin de l'exercice fiscal.
Selon le HMRC (administration fiscale britannique), les investisseurs qui réalisent qu'ils auraient dû payer l'impôt sur les plus-values (CGT) sur leurs gains en cryptomonnaies au cours de l'année écoulée peuvent encore le faire via le dispositif de déclaration volontaire. Ceci s'applique à tous les gains réalisés avant avril 2024, la date limite de déclaration pour l'année fiscale 2024/25 étant fixée au 31 janvier 2026. Par ailleurs, les traders n'auront pas à payer d'impôt sur leurs en cryptomonnaies s'ils cèdent leurs avoirs progressivement et veillent à ce que leur valeur reste inférieure au seuil d'exonération de CGT de 3 000 £.
De plus, les investisseurs peuvent réaliser des investissements en cryptomonnaies exonérés d'impôt en investissant dans des ETN crypto (Exchange-Traded Notes) détenus dans un compte ISA. « Dans un premier temps, les ETN crypto serontmaticéligibles à l'inclusion dans les comptes ISA actions et parts. À compter du 6 avril 2026, ils seront reclassés comme investissements éligibles au sein du compte ISA de financement innovant (IFISA) », a indiqué le HMRC. Les raisons de cette décision du HMRC restent floues, mais les utilisateurs peuvent toujours profiter des avantages fiscaux du compte ISA pour investir dans les actifs numériques.
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