Revolut vise la Turquie : un partenariat stratégique avec FUPS pour conquérir le marché
Revolut passe à l'offensive en Turquie. La néobanque britannique scelle un accord avec FUPS, le portefeuille numérique local, pour ouvrir grand les portes d'un marché de 85 millions d'habitants. Une manœuvre qui contourne les barrières réglementaires et vise directement la jeune population connectée.
Stratégie d'infiltration
Plutôt que d'affronter seul le labyrinthe bancaire turc, Revolut opte pour l'infiltration. Le partenariat avec FUPS, déjà utilisé par des millions de Turcs pour les paiements mobiles, offre une rampe de lancement instantanée. Les utilisateurs pourront bientôt lier leurs comptes, fusionnant les services financiers traditionnels locaux avec l'arsenal international de Revolut – change de devises, crypto, investissements. Une porte dérobée vers un marché notoirement complexe.
La ruée vers l'or numérique turc
La Turquie n'est pas qu'un marché volumineux ; c'est un laboratoire d'adoption financière. Avec une inflation galopante et une jeunesse technophile, la demande pour des alternatives aux banques traditionnelles explose. Revolut, comme ses rivaux, sent l'opportunité : capturer une base d'utilisateurs avant que la régulation ne se durcisse. C'est la course habituelle de la fintech : se déployer d'abord, négocier avec les régulateurs ensuite – une danse risquée mais payante.
Le jeu des alliances
Cet accord est plus qu'un simple partenariat technique. C'est un calcul géopolitique financier. En s'alliant avec un acteur local établi, Revolut gagne en légitimité et en compréhension du terrain. Pour FUPS, c'est une injection de crédibilité internationale et de technologie. Ensemble, ils forment un bloc capable de défier à la fois les vieilles banques turques et les autres néobanques globales qui lorgnent sur la région. La finance devient un jeu d'échecs territorial.
Un pari sur l'avenir – et un avertissement
L'expansion de Revolut en Turquie n'est pas une simple nouvelle succursale. C'est un test pour son modèle global : peut-il se greffer à n'importe quel écosystème local pour se répandre rapidement ? Si cela fonctionne, attendez-vous à voir cette stratégie du « partenaire local » se reproduire en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, partout où les banques traditionnelles dorment au gaz. Le message est clair : les frontières nationales en finance sont de plus en plus poreuses. Les régulateurs, quant à eux, prennent toujours un café alors que les néobanques ont déjà vidé le pot. L'innovation ne demande jamais la permission – elle envoie simplement une notification push.
Revolut va-t-il racheter une banque turque ?
La fintech britannique Revolut souhaite s'implanter sur le marché bancaire turc en pleine expansion en négociant l'acquisition de FUPS, une banque numérique du pays. Cependant, selon des sources proches du dossier, aucune décision définitive n'a été prise et rien ne garantit la conclusion de l'opération.
L'Agence turque de réglementation et de supervision bancaires, connue sous son acronyme turc BDDK, devrait approuver tout accord entre Revolut et FUPS.
FUPS a obtenu sa licence bancaire en 2022 avec un capital initial de 1,5 milliard de lires, soit un peu plus de 81 millions de dollars à l'époque. La banque a été créée par Lydians Elektronik Para ve Ödeme Hizmetleri, qui opère à la fois comme prestataire de services de paiement et comme établissement de monnaietron.
En septembre 2025, environ 60 personnes étaient employées par FUPS , selon les données de l'Association des banques turques.
En 2022, les autorités turques ont introduit une nouvelle réglementation autorisant les néobanques à opérer, mais à ce jour, seules cinq institutions ont obtenu une licence bancaire. Il s'agit de Hayat Katılım, Kasa Katılım, TOM Katılım, FUPS Bank et Ziraat Dinamik.
Pourquoi Revolut s'intéresse-t-il au marché turc ?
Le marché turc des services bancaires numériques était évalué à 101,52 millions de dollars en 2025 et devrait atteindre 267,3 millions de dollars d'ici 2034.
Tomasz Noetzel, analyste chez Bloomberg Intelligence, a souligné que les banques turques traditionnelles, malgré leur avance numérique, restent fortement dépendantes de leurs réseaux d'agences physiques. La Turquie compte plus de 120 millions de clients actifs en services bancaires numériques.
Cette acquisition potentielle permettrait à Revolut d'éviter la longue procédure d'obtention d'une licence bancaire. Cette stratégie offre également à l'acquéreur un cadre de conformité existant, une structure de gouvernance locale et des relations établies avec les autorités de régulation turques.
Revolut compte environ 70 millions de clients dans le monde et était valorisée à 75 milliards de dollars en novembre 2025. Cette valorisation a bondi de 67 % en 2025 par rapport à sa valorisation de 45 milliards de dollars l'année précédente, grâce à une tron croissance des revenus et aux investissements de grandes entreprises, notamment la branche capital-risque de Nvidia.
Revolut a été particulièrement actif dans l'obtention de licences bancaires et la réalisation d'acquisitions sur plusieurs continents tout au long de l'année 2025.
Elle est devenue la première banque numérique indépendante à mener à bien l' dent du processus d'agrément au Mexique après avoir reçu l'approbation réglementaire finale pour opérer dans le pays en tant qu'établissement bancaire multiple en octobre 2025.
Revolut vise également l'obtention d'une licence bancaire complète en Colombie et prévoit de lancer ses services bancaires numériques d'ici 2026. En juin 2025, elle a acquis une licence bancaire locale et environ 6,4 millions de dollars d'actifs en Argentine en rachetant Banco Cetelem à BNP Paribas. En Inde, Revolut a acquis Arvog Forex en 2022 après y avoir investi plus de 45 millions de dollars.
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