Coinstar, le géant des bornes de cryptomonnaies, vendu pour éponger sa dette d’un seul coup
Une transaction majeure vient de sceller le destin de Coinstar. L'opérateur de bornes de cryptomonnaies passe sous un nouveau pavillon, une manœuvre qui promet de faire table rase de sa dette. Une bouffée d'oxygène pour une entreprise qui a surfé sur la vague crypto, mais qui a aussi pris quelques vagues de plein fouet.
Le deal en bref
On ne connaît pas encore le montant exact ni l'identité de l'acquéreur, mais les termes sont clairs : la vente sert avant tout à solder les comptes. Une stratégie de sortie par le haut, ou du moins par le côté, pour un acteur qui a tenté de démocratiser l'accès physique aux actifs numériques. Les bornes de Coinstar, ces points de contact tangibles dans un monde dématérialisé, vont donc changer de mains.
Une dette, et puis s'en va
L'objectif affiché est limpide : utiliser le produit de la cession pour rembourser la dette intégralement et en une seule fois. Une opération « clean exit » qui ressemble à une réinitialisation financière. C'est le genre de tour de passe-passe que les fonds d'investissement adorent – effacer le passé pour mieux spéculer sur l'avenir, quitte à ce que la facture soit salée pour les premiers investisseurs. Une leçon de plus en finance : parfois, pour sauver l'outil, on vend l'atelier.
Et maintenant ?
Le rachat pose une question fondamentale : que vaut vraiment un réseau physique dans un secteur né pour être décentralisé et sans frontières ? L'acquéreur parie sans doute sur un rebond du marché et sur le besoin persistant de points d'entrée « en dur » pour les néophytes. Un pari audacieux, ou un coup de poker calculé ? Dans le monde des cryptos, la frontière entre les deux est souvent aussi ténue qu'une ligne de code.
Alors, renaissance ou dernière chance ? Seul le cours des cryptos le dira. Mais une chose est sûre : dans cette industrie, on ne vend pas une entreprise, on vend une option sur l'avenir – et aujourd'hui, celle de Coinstar vient d'être exercée.
Le remboursement de la dette ouvre la voie à la prise de contrôle par une entreprise autochtone d'Alaska
Dans le cadre de cette acquisition, le nouvel acquéreur remboursera début janvier plus de 750 millions de dollars de capital, ainsi que tous les intérêts courus. Un avis confidentiel envoyé aux obligataires a confirmé ce calendrier, selon Bloomberg.
Les obligations concernées par l'opération Coinstar sont structurées comme des titrisations d'entreprise complètes, ce qui signifie qu'elles sont garanties par l'intégralité des flux cash de la plateforme d'échange.
Certains analystes ont par la suite craint que la dette ne nécessite une nouvelle restructuration si la pression sur les activités de Coinstar persistait, mais le remboursement prévu élimine ce risque.
Arctic Slope Regional (ASRC) supervise un large éventail de portefeuilles qui comprennent la construction, le raffinage du pétrole et les services detracgouvernementaux, selon les informations publiées par la société.
ASRC est l'une des quelque douze sociétés régionales créées en vertu de l'Alaska Native Claims Settlement Act, adopté au début des années 1970, qui a accordé des millions d'acres de terres et 1 milliard de dollars d'indemnisation aux groupes autochtones de l'Alaska en échange de revendications territoriales.
Coinstar a intégré le portefeuille d'Apollo en 2016, exploitant plus de 24 000 bornes permettant aux utilisateurs d'échanger leur monnaie contre cash. Après le ralentissement économique dû à la pandémie, Coinstar s'est davantage investie dans les actifs numériques. L'année dernière, elle a commencé à permettre à ses clients d'acheter des cryptomonnaies cash via des bornes ou une application mobile. Cette vente transfère désormais le contrôle de Coinstar à un propriétaire basé en Alaska et clôture son emprunt obligataire.
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