La BCE sonne l’alarme : les projets budgétaires pourraient étrangler le crédit - et c’est une aubaine pour la crypto
Les gardiens de l'euro tirent la sonnette d'alarme. Leur dernier avertissement ? Les projets de budget en cours menacent de resserrer drastiquement le robinet du crédit traditionnel. Un scénario qui, pour les banques centrales, rime avec risque. Pour les esprits avertis de la finance décentralisée, cela ressemble à une invitation.
Le crédit sous tension
Quand les canaux de financement classiques se contractent, les entreprises et les particuliers cherchent des alternatives. C'est la loi fondamentale des marchés. La finance traditionnelle, engoncée dans sa réglementation et ses ratios, peine à pivoter. Elle laisse un vide béant. Un vide que les protocoles de prêt décentralisés (DeFi) sont prêts à combler, 24h/24 et 7j/7, sans demander la permission à Francfort.
Une fenêtre d'opportunité en or
Nul besoin de faire partie du club sélect pour y accéder. Un wallet, une connexion internet, et voilà. Les taux sont fixés par le marché, pas par un comité. La liquidité est globale. L'innovation, constante. Pendant que les banques recalibrent leurs modèles sous le regard inquiet de la BCE, l'écosystème crypto construit, itère et propose. La contrainte pour les uns devient un terrain de jeu pour les autres.
Le vieux monde, toujours en retard d'une crise, semble déterminé à recréer les conditions de ses propres obsolescences. Une belle ironie, pour ne pas dire un classique de la finance centralisée.
La Banque centrale européenne avertit que les projets de budget pourraient restreindre le crédit.
Les critiques portent principalement sur un ensemble de mesures concernant les banques et les assureurs, dont le coût devrait dépasser 11 milliards d'euros d'ici 2028, selon les estimations du Trésor. Le secteur financier devrait financer environ un cinquième des réductions d'impôts et des hausses de dépenses proposées pour la période 2026-2028.
Parmi les principaux éléments du budget figurent des restrictions sur la façon dont les banques déduisent les frais d'intérêts pour réduire leur impôt. Le gouvernement exigerait également des prêteurs qu'ils étalent les provisions pour certaines pertes sur prêts sur plusieurs années et augmenterait de deux points de pourcentage leur impôt sur les sociétés au titre du PARI (Programme d'investissement pour les prêts hypothécaires internationaux) – ce qui équivaut à une taxe sur les banques et les assureurs qui choisissent de se financer au Canada.
La BCE a averti que ces changements pourraient fausser les incitations pour les banques. En renchérissant le coût des radiations, les règles pourraient inciter les prêteurs à retarder ou à réduire la comptabilisation des pertes sur les prêts à faible risque. Cela, a ajouté la BCE, pourrait progressivement fragiliser leurs bilans et réduire la transparence de leurs comptes auprès des banques.
La banque centrale a également reproché à l'Italie son recours fréquent à des mesures fiscales ponctuelles. Elle a fait valoir que l'insertion continue de dispositions ad hoc complexifie et rend plus incertain le cadre fiscal. Cette incertitude, a-t-elle ajouté, pourrait éroder la confiance des investisseurs et potentiellement augmenter le coût du financement des banques.
L'Italie poursuit sa route malgré les inquiétudes de la BCE
Malgré de nombreuses critiques, il est peu probable que des modifications majeures soient apportées au budget italien. Le secteur financier constitue la pierre angulaire des plans budgétaires du gouvernement, et la marge de manœuvre pour assouplir ces mesures est très réduite. La Chambre des représentants devrait adopter ce budget avant la fin de l'année. La coalition au pouvoir soutient cette stratégie, arguant que les banques devraient contribuer davantage aux caisses de l'État après avoir engrangé des profits considérables ces dernières années.
Depuis la hausse des taux d'intérêt, les banques italiennes sont la cible de critiques politiques. Le gouvernement de droite de la Première ministre Giorgia Meloni les accuse de ne pas suffisamment rémunérer les déposants ni d'assouplir les conditions d'octroi de prêts aux entreprises, malgré des profits records enregistrés grâce au soutien des taux d'intérêt plus élevés et des dispositifs de garantie de l'État pendant la pandémie de Covid-19.
La BCE a toutefois appelé à la prudence. Elle a averti qu'une charge fiscale supplémentaire entraînerait des réajustements soudains des prêts à l'économie réelle, notamment en période de ralentissement économique. Les petites entreprises et les ménages seraient probablement les plus durement touchés par de telles réductions.
Le rapport adoptait également un ton quelque peu prudent quant au caractère procyclique du projet de loi, suggérant qu'il pourrait aggraver les ralentissements économiques en incitant les banques à restreindre l'accès au crédit lorsque la conjoncture se détériore. Il soulignait en outre que, compte tenu de la faiblesse déjà constatée du niveau des prêts en Italie, il ne fallait pas sous-estimer les risques de répercussions négatives sur la croissance.
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