Crypto et parité : 60 ans après la loi pour l’indépendance financière des femmes, où en est-on ?
La révolution crypto pourrait-elle enfin réaliser la promesse d'égalité financière ?
Les femmes représentent moins de 30% des investisseurs en crypto - un paradoxe dans un écosystème censé briser les barrières.
Les DeFi et wallets non-custodiaux offrent pourtant des outils uniques pour contourner les systèmes bancaires traditionnels... qui ont mis six décennies à accorder un simple compte en propre aux femmes.
Le secteur reste dominé par les hommes, mais les initiatives éducatives ciblées commencent à faire bouger les lignes. À quand un vrai changement ? Peut-être quand Wall Street arrêtera de considérer la crypto comme un casino pour bros en costard.
Où en est la parité financière en France ?
Le 13 juillet 1965 est promulguée une loi qui a changé la vie des Françaises. Elle permet enfin aux femmes mariéeset de travailler sans l’accord de leur mari. Deux ans plus tard, elles accèdent. Soixante ans après cette loi,
Selon la dernière étude de l'Autorité des marchés financiers (AMF), l'égalité n'est pas encore totale en matière d'investissement financier : en 2024, la France comptait 1,7 million d'investisseurs particuliers actifs, soit + 21,5 % en 2 ans. Pourtant, le nombre d'investisseuses stagne autour de 430 000. Résultat :. Ainsi, pour chaque femme qui investit, il y a 3 hommes. Une première réponse à ce récent recul vient de la différence de patrimoine : d'après la dernière étude de l'Insee sur le sujet, entre 1998 à 2015, la différence de patrimoine entre hommes et femmes s'est creusée, passant d’une moyenne de 7 000 à 24 500 euros.
Une autre explication peut être trouvée dans le Baromètre de l'épargne Ifop‑Altaprofits 2025. Il confirme que, contre 16 % du côté des hommes. Cela s'expliquerait par la plus grande aversion au risque de celles-ci, qui privilégient les actifs moins risqués (76 % des femmes préfèrent les placements sans risque, contre 69 % des hommes selon la même étude). Elles se tourneraient donc davantage vers les livrets ou assurances-vie à gestion pilotée. Qu'en est‑il, alors, d'un marché réputé ultra‑volatile comme la cryptomonnaie ?
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D'après l'étude 2025 de l'Adan consacrée à l'investissement dans les cryptoactifs en France, 67 % des investisseurs sont des hommes, contre 33 % de femmes., lorsque les hommes représentaient 70 % des investisseurs à eux seuls. Mais en remettant en perspective que 10 % des Français investissent dans les cryptos….
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Qu'est-ce qui freine les femmes dans l'investissement crypto ?
Le simple fait d'investir ne suppose pas que de s'informer… mais aussi de se tenir informée régulièrement, et il faut dire que: « Ça me semble juste être une charge mentale en plus, et ça ne m'intéresse pas de vérifier les cours quotidiennement », explique une trentenaire originaire de Besançon. Si une femme est déjà sous l'eau de devoir gérer son foyer, l'investissement vient bien après dans ses priorités.
D'autant plus qu'il faut pouvoir épargner pour investir : « Jede toute façon », ajoute ainsi une jeune femme vivant en région parisienne. Il faut dire qu'en 2023, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 22,2 % à celui des hommes selon l'Insee. Elles sont aussi plus nombreuses: on compte en France 25,9 % de familles monoparentales, dont 81 % formées par une mère et ses enfants, selon la dernière étude de l'Insee à ce sujet.
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Pour beaucoup de femmes,, avec une barrière technique. Comprendre la blockchain, jongler avec des wallets, décrypter les frais de gas… « Ça a l'air très compliqué », souffle une interrogée par Cryptoast. Une impression amplifiée par une régulation encore trop floue. « Du peu de ce qu'on m'a dit, je suis sceptique, mais j'avoue que», ajoute une autre. Ce mécanisme s’explique par la notion de sexisme intériorisé, décrite par Benita Bearman, Neill Korobov et Avril Thorne (2009), qui montrent comment, dès l’adolescence, les femmes peuvent intérioriser l'idée qu’elles sont « pas douées », reproduisant ainsi des comportements d’auto-dévalorisation.
En plus de cela, les cryptomonnaies restent pour certaines trop déconnectées du quotidien : « Dans ma tête, les cryptos, c'est pas du vrai argent avec lequel je peux payer mon pain ». « Ce n'est pas de l'argent palpable (...) et c'est très taxé », confirme une autre.
Sur Cryptoast, notre audience illustre bien ces témoignages :; elles représentent 11,3 % des vues sur notre chaîne YouTube et 3,4 % sur X. Du côté de Cryptoast Academy, c'est encore plus flagrant : elles représentent 5 % des inscriptions et 3 % des vues sur la chaîne dédiée. Pas de doute, le Bitcoin, l'Ether ou le sol captent avant tout un public masculin… et c'est bien dommage, vu les records de ces derniers jours.
Et puis quand les femmes s'y intéressent, d'autres barrières surviennent : ou de se sentir légitime. Selon une professionnelle du secteur, qui s'est plongée au fil des ans dans d'autres milieux techniques généralement masculins, la pression de performance est bien réelle : « Tout comme dans d'autres domaines traditionnellement masculins (informatique, sport...), on se heurte souvent à une remise en question de nos compétences et connaissances, ».
Commencez votre aventure crypto avec notre guide pas-à-pasPublicitéEt pourtant, les femmes s'y intéressent
Mais le nombre de femmes qui s'intéressent au domaine est en constante augmentation. Comme le montrait l'étude de l'Adan, la part de femmes dans les investisseurs en cryptomonnaies a augmenté de 3 % cette année en France. Le rapport « State of Crypto » 2025 de Gemini place même la moyenne mondiale à 32 % de femmes, avec 34 % en Italie.
La DeFi est un monde de plus en plus accessible, et on peut trouver de nombreux exemples de femmes qui se sont appropriés cet univers. Ainsi, Sarah‑Diane Eck a cofondé le projet Sandblock en 2017 (devenu Lum Network) : son ICO en mars 2018 la place parmi les toutes premières dirigeantes françaises à avoir piloté une levée crypto.
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Mais pour que cet univers soit plus abordable pour les femmes, ne serait-ce pasqu'il faudrait explorer en premier ? C'est l'avis d'Amandine Claude, « La Mineuse », qui se présente comme « en mission pour rendre les cryptomonnaies accessibles aux meufs », au magazine Elle. L'entrepreneuse dit avoir acheté ses premiers bitcoins en 2014 ; elle anime aujourd'hui un serveur Discord, des réseaux sociaux très suivis, ainsi que des webinars.
Parmi les femmes influentes dans la crypto, Claire Balva est tout à fait reconnue comme experte nationale, intervenant dans plusieurs interviews. Cofondatrice de Blockchain Partner en 2015, elle est aujourd'hui Vice‑Présidente Stratégie de Deblock. Elle est aussi nommée DG de l'Adan pour le 1er septembre 2025. Enfin, Caroline Jurado, de la marque « Les Cryptos de Caro », publie une newsletter revendiquant plus de 60 000 abonnés, et anime des masterclass ou démos pour débutantes.
Il faut rappeler que la crypto se veut inclusive : l'ouverture d'un wallet est gratuit, le ticket d'entrée faible, et comme on vient de le voir,. Faut-il vraiment avoir une éducation financière particulière pour se lancer dans ce monde, ou l'envie et surtout,, ne seraient-ils pas le meilleur moteur (pas seulement pour les femmes, d'ailleurs) ? Combattre les biais de genre pourrait.
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Après une formation en journalisme, j’ai travaillé quelques années en presse généraliste avant de découvrir le monde de la finance personnelle et de la bourse. Tombée dans les cryptos depuis 2020, je suis particulièrement intéressée par le décryptage des actualités qui influencent les marchés cryptos. Mon objectif ? En apprendre toujours plus à mes lecteurs en fournissant l’information la plus précise et la plus juste possible.
Justine Ferrari
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