Les États-Unis retirent les cryptos de leur radar à risques : un virage stratégique à 180° face à l’Europe
Washington opère un revirement majeur. Alors que l'Europe serre la vis, les États-Unis décident de retirer les cryptomonnaies de leur liste des risques financiers systémiques. Une divergence réglementaire qui pourrait redessiner la carte mondiale de l'innovation.
Un changement de cap qui fait date
Le message est clair : fini de considérer le Bitcoin et ses pairs comme une menace pour la stabilité du système. Les autorités américaines estiment désormais que le secteur a atteint une maturité suffisante. Les actifs numériques sortent officiellement du périmètre de surveillance renforcée des risques systémiques. Une décision qui contraste violemment avec l'approche prudente, voire défensive, adoptée par les régulateurs européens.
Les implications d'un double standard
Ce fossé réglementaire crée immédiatement un déséquilibre. Les entreprises de la cryptosphère ont maintenant une destination de choix : le marché américain, perçu comme plus accueillant. Les capitaux et les talents pourraient massivement migrer de l'autre côté de l'Atlantique. L'Europe, avec son MiCA (Markets in Crypto-Assets), se retrouve avec un cadre strict au moment où son principal concurrent lâche du lest. Une situation qui rappelle étrangement le décalage historique sur la régulation des technologies financières – l'Europe légifère pendant que l'Amérique innove, et les investisseurs suivent l'argent, pas les directives.
Un pari sur l'avenir ou un calcul risqué ?
Les États-Unis misent sur la capacité du marché à s'autoréguler et sur la résilience de leurs institutions. Ils voient dans la crypto une opportunité de croissance, un vecteur d'inclusion financière et un moyen de conserver leur leadership technologique. Les sceptiques y verront un coup de poker, une façon d'attirer la prochaine bulle spéculative pour alimenter Wall Street – après tout, recycler l'argent des rêves numériques en frais de transaction et en produits structurés, c'est un business modèle qui a fait ses preuves.
Une chose est sûre : le paysage mondial de la crypto vient de basculer. La course à l'adoption ne se jouera plus sur les mêmes règles. Et si l'Europe croit maîtriser le risque en le sur-régulant, elle pourrait bien se réveiller face à un risque bien plus concret : l'irrélevance.
Les cryptomonnaies effacées du rapport de risques américain
Dans chacun de ses rapports précédents, le FSOC (Conseil de surveillance de la stabilité financière américain) mentionnaitpour le système financier. Ce conseil avait en effet été créé après la crise des subprimes de 2008, et avait pour but de détecter les menaces pesant sur l'économie américaine.
Ainsi, le document 2024, rédigé alors que Joe Biden était encore président, passait plusieurs pages à décrire les dangers des stablecoins ; et recommandait au Congrès d'encadrer les marchés spot. Le rapport 2025 est bien différent : il ne fait plus que 87 pages contre 140 l'an dernier, et ne contient.
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Scott Bessent, le secrétaire du Trésor des États-Unis, change complètement l'approche du FSOC dans sa lettre d'introduction :
Surveiller et traiter ces vulnérabilités, bien qu'important, ne suffit pas à garantir la stabilité financière.
Selon lui, la stabilité financière passe désormais par la croissance économique et non plus par la chasse aux risques potentiels. Cette nouvelle philosophie se traduit concrètement pour le secteur crypto : le rapport 2025 vante les atouts du secteur et affirme que l'utilisation des stablecoins en dollars « devrait soutenir le rôle du dollar américain dans le système financier international au cours de la prochaine décennie ».
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En parallèle, l'Europe reste sur ses positions initiales par rapport aux cryptos. La Banque des règlements internationaux a publié en juin 2025 un avertissement à ce propos : les stablecoins « présentent des lacunes et, en l'absence de réglementation, constituent un risque pour la stabilité financière et la souveraineté monétaire » selon eux.
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Le Comité de Bâle impose aux banques des exigences strictes sur leurs expositions aux crypto-actifs. L'Union européenne applique depuis septembre 2025 le règlement MiCA, parmi les cadres réglementaires les plus contraignants au monde pour les prestataires crypto. Une fracture réglementaire transatlantique qui pourrait accélérer la fuite des acteurs crypto vers les États-Unis, où l'administration trump affiche son soutien à l'innovation dans la DeFi.
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Après une formation en journalisme, j’ai travaillé quelques années en presse généraliste avant de découvrir le monde de la finance personnelle et de la bourse. Tombée dans les cryptos depuis 2020, je suis particulièrement intéressée par le décryptage des actualités qui influencent les marchés cryptos. Mon objectif ? En apprendre toujours plus à mes lecteurs en fournissant l’information la plus précise et la plus juste possible.
Justine Ferrari
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