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Europe serre la vis sur les entreprises crypto : une surveillance accrue en 2025

Europe serre la vis sur les entreprises crypto : une surveillance accrue en 2025

Published:
2025-07-17 08:00:00

Les régulateurs européens montent d'un cran dans leur traque des acteurs crypto. Sous couvert de 'protection des investisseurs', Bruxelles allume les projecteurs sur les sociétés du secteur.

Un climat de défiance orchestré ?

Les autorités justifient ce renforcement par la volatilité record des marchés en 2024. Pourtant, cette surveillance tatillonne ressemble surtout à une chasse aux sorcières 2.0 - comme si les banques traditionnelles n'avaient jamais besoin d'être surveillées...

Les startups crypto devront désormais naviguer dans un dédale de rapports KYC et de contrôles AML. De quoi étouffer l'innovation ? Ou simplement protéger les intérêts établis ?

Ironie ultime : cette régulation arrive alors que l'adoption institutionnelle bat son plein. Cherchez l'erreur.

En bref

  • L’AMLA lance un avertissement strict aux plateformes crypto européennes sur les nouvelles exigences de conformité.
  • Les régulateurs devront désormais scruter les propriétaires effectifs des entreprises crypto pour détecter tout lien avec le blanchiment d’argent.
  • Les portefeuilles anonymes et les cryptos axées sur la confidentialité seront interdits dès 2027.
  • Un accès direct aux données des comptes crypto sera obligatoire pour les autorités gouvernementales.

L’AMLA prend le relais, un nouveau chapitre de la réglementation européenne

Après avoir survécu aux exigences strictes de MiCA, les entreprises crypto européennes réalisent que l’Union européenne est loin d’avoir levé le pied. 

Une nouvelle couche réglementaire se met en place, cette fois portée par l’AMLA, l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent, désormais opérationnelle à Francfort.

Dans une interview au Financial Times, Bruna Szego, présidente de l’AMLA, a affirmé qu’il était « essentiel que le bloc soit correctement protégé » face aux risques spécifiques que présente le secteur crypto. 

Contrairement à MiCA, qui encadre principalement les marchés et les émissions d’actifs numériques, l’AMLA agit comme un superviseur transfrontalier, avec pour mission d’imposer un contrôle direct sur les structures et les flux.

Concrètement, les plateformes d’échange, les fournisseurs de portefeuilles custodial et les distributeurs automatiques de cryptos devront désormais déclarer l’identité de leurs bénéficiaires effectifs, de leurs actionnaires et des structures de détention. Une approche proactive qui, selon Szego, vise à identifier les montages opaques et les circuits à risque.

Mais dans un marché européen encore fragmenté, où les 27 États membres appliquent souvent les textes de manière inégale, la mise en œuvre uniforme de ces contrôles s’annonce aussi délicate que cruciale. L’harmonisation des pratiques nationales reste un défi majeur pour garantir l’efficacité de ce nouveau cadre.

2027, l’année de tous les dangers pour l’anonymat crypto

La pression ne s’arrête pas là. À partir de juillet 2027, l’Europe franchira une nouvelle étape dans sa guerre contre l’anonymat crypto. Les fournisseurs de services devront bannir totalement les portefeuilles anonymes et les cryptos axées sur la confidentialité comme monero ou Zcash.

XMRUSDT.P graphique par TradingView

Plus radical encore, les entreprises crypto devront ouvrir leurs bases de données aux autorités. Un accès « direct, immédiat et non filtré » aux comptes sera obligatoire pour les cellules de renseignement financier et l’AMLA. 

Cette mesure transforme fondamentalement la nature même des cryptos, initialement conçues pour préserver l’anonymat des utilisateurs.

Cette approche européenne contraste fortement avec la politique pro-crypto de Donald Trump. Alors que les États-Unis semblent s’orienter vers une réglementation plus favorable au secteur, l’Europe maintient sa ligne dure. 

Cette divergence pourrait pousser les entreprises crypto à privilégier le marché américain, créant un exode vers des juridictions plus clémentes.

En somme, MiCA a posé les fondations d’un marché crypto régulé en Europe. Mais l’AMLA entend désormais en superviser chaque maillon, avec des règles strictes et une volonté assumée de contrôle. Ce durcissement réglementaire, s’il rassure les États, risque d’alimenter un mouvement inverse : un exode technologique vers des juridictions plus accueillantes. Car pendant que l’UE verrouille, d’autres, comme les États-Unis, déroulent le tapis rouge.

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