BRICS à Rio : Les décisions clés qui vont secouer l’économie mondiale
Les géants émergents ont parlé. Le sommet BRICS à Rio vient de livrer ses verdicts - et l'Occident devrait prendre des notes.
Dé-dollarisation accélérée : La réunion a confirmé la volonté du bloc de réduire sa dépendance au billet vert. Les détails ? Aussi flous qu'un whitepaper de crypto avant le lancement.
Nouvelles alliances économiques : Les membres fondateurs ouvrent grand leurs portes. Trois nouveaux pays pourraient rejoindre le club d'ici fin 2025.
Infrastructures alternatives : Un système de paiement inter-BRICS est sur la table. Plus rapide que SWIFT, moins cher que les banques traditionnelles - mais avec la bureaucratie en bonus.
Pendant que les marchés digestent ces annonces, une question persiste : le BRICS deviendra-t-il le nouveau FMI ou juste un G7 des pays en développement ? À Rio, ils ont au moins réussi là où tant de projets crypto échouent - avoir une feuille de route (presque) crédible.
En bref
- Le sommet des BRICS 2025 s’est tenu à Rio dans un contexte de fortes attentes géopolitiques, malgré l’absence de Poutine et Xi Jinping.
- Les BRICS ont publié une déclaration commune appelant à une réforme des institutions multilatérales, dont l’ONU, le FMI et la Banque mondiale.
- Le groupe soutient l’entrée du Brésil et de l’Inde au Conseil de sécurité de l’ONU pour renforcer la représentativité du Sud global.
- Le sommet marque une volonté croissante des BRICS de structurer une influence durable sur l’échiquier mondial, sans confrontation directe avec l’Occident.
Réformer l’ordre mondial : l’agenda revendicatif du Sud global
Le sommet des BRICS, tenu à Rio, a abouti à une déclaration commune intitulée « renforcer la coopération du Sud global pour une gouvernance plus inclusive et durable », dans laquelle les membres ont affiché une volonté renouvelée de repenser l’architecture de la gouvernance internationale.
Le texte appelle notamment à renforcer la représentativité du Sud global au sein des principales institutions multilatérales. Les BRICS réclament explicitement que le Brésil et l’Inde accèdent au statut de membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, soulignant la nécessité « d’une réforme du système onusien pour le rendre plus équitable, efficace et représentatif ».
De même, la déclaration insiste sur la nécessité d’un rééquilibrage du pouvoir de décision au sein du FMI et de la Banque mondiale, estimant qu’il est temps de « revoir les droits de vote pour refléter les réalités économiques actuelles ».
Au-delà des revendications institutionnelles, le communiqué final met en avant plusieurs axes d’action partagés par les membres du groupe, traduisant une volonté d’articuler leur poids diplomatique sur des enjeux globaux. Les principaux engagements pris lors du sommet sont les suivants :
- Le climat : adoption d’un nouveau cadre de coopération en amont de la COP30, qui se tiendra à Belém en novembre 2025. Ce cadre vise à harmoniser les positions du Sud global sur les politiques climatiques et à accroître leur capacité d’influence dans les négociations internationales.
- Les technologies : les BRICS plaident pour une gouvernance mondiale plus inclusive de l’intelligence artificielle, estimant que les pays du Sud sont encore trop marginalisés dans les discussions stratégiques sur les normes, les risques et les usages de cette technologie.
- La paix et la sécurité : le texte appelle à une désescalade des tensions internationales, condamnant les attentats récents sur le territoire iranien (membre des BRICS) et les attaques contre des infrastructures civiles russes. Il exprime aussi un soutien à une paix durable au Moyen-Orient, notamment à Gaza.
Par cet ensemble de positions, les BRICS cherchent à s’imposer comme un acteur collectif structuré, capable d’influer sur les règles du jeu mondial sans nécessairement s’opposer frontalement aux puissances occidentales. Cette stratégie de consolidation diplomatique constitue la première étape d’une autonomie internationale qui, pour devenir réelle, devra désormais s’incarner dans des instruments tangibles.
Une alternative financière en gestation : la promesse du BRICS Multilateral Guarantees
Au-delà des revendications politiques, un point plus discret, mais potentiellement déterminant a émergé des discussions à Rio : la proposition de création d’un dispositif inédit baptisé BRICS Multilateral Guarantees.
Inspiré du modèle de la MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements de la Banque mondiale), ce projet vise à fournir des garanties d’investissement pour les projets d’infrastructure et de développement dans les pays du Sud.
L’objectif est clair : réduire le risque politique perçu par les investisseurs internationaux et, ce faisant, attirer davantage de capitaux dans des régions encore jugées trop instables ou peu sécurisées. Selon les termes du communiqué, cette structure aurait vocation à « faciliter les flux d’investissement à travers le Sud global, y compris au-delà du périmètre des pays des BRICS ».
Ce projet s’intègre dans une logique de désintermédiation vis-à-vis des grandes institutions financières occidentales, mais sans rupture brutale. Le communiqué précise en effet qu’il ne s’agit pas d’un outil réservé aux membres, ouvrant la voie à une coopération élargie.
Cette approche pragmatique traduit une forme de réalisme économique : les BRICS, malgré leur volonté d’émancipation, sont conscients des limites structurelles de leurs économies et cherchent des mécanismes d’ancrage progressifs dans les circuits globaux. Pour l’instant embryonnaire, l’initiative devrait faire l’objet de discussions approfondies jusqu’en 2026, sous la future présidence indienne du groupe.
Ce pas vers une architecture financière parallèle pourrait avoir des répercussions à moyen terme sur la manière dont les projets d’infrastructure sont financés dans le Sud. Si elle se concrétise, l’initiative pourrait offrir une véritable alternative aux garanties fournies par les bailleurs occidentaux, tout en renforçant la crédibilité économique des BRICS. Toutefois, son succès dépendra de nombreux facteurs : le volume des engagements financiers, les modalités de gouvernance et la capacité à maintenir une cohésion entre des membres aux intérêts parfois divergents. L’Inde, qui présidera le groupe en 2026, aura la lourde tâche de porter cette ambition à maturation.
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