Christine Lagarde sonne l’alarme : les stablecoins représentent un risque majeur pour la finance en 2025
La présidente de la BCE tire à vue sur les cryptomonnaies stables. Alors que le marché dépasse les 200 milliards de dollars, Lagarde brandit l'étendard de la régulation.
Stablecoins : la fausse monnaie stable ?
Les déclarations interviennent alors que l'UE finalise son cadre MiCA - un coup de semonce pour les émetteurs qui jouaient jusqu'ici dans les zones grises réglementaires. "Ce n'est pas parce qu'on met 'stable' dans le nom que le risque disparaît", aurait ironisé un cadre de la Bundesbank.
Le secteur réplique : les stablecoins modernes disposent pourtant de réserves plus transparentes que certaines banques traditionnelles - mais chut, on ne parle pas de la qualité des actifs bancaires en 2025...
En bref
- Les stablecoins sont accusés par Lagarde de fragiliser les politiques monétaires et la souveraineté étatique.
- La BCE considère que l’argent public est en danger face aux cryptos privées comme USDT ou USDC.
- Le GENIUS Act américain encadre déjà les stablecoins, pendant que l’Europe tergiverse sur l’euro numérique.
- Les stablecoins brouillent la frontière entre devise, paiement et technologie selon Lagarde et d’autres banquiers centraux.
Monnaie publique, intérêts privés : le dilemme qui fait trembler Lagarde
Après l’alerte lancée par la BRI et la Banque de France sur les stablecoins, Christine Lagarde ne mâche pas ses mots. Depuis un panel au Portugal, elle a déclaré :
Je considère la monnaie comme un bien public, et nous comme les serviteurs publics en charge de la protéger.
Les stablecoins, ces cryptomonnaies adossées à des monnaies fiat, sontcomme Tether ou Circle. En 2024, usdt dépassait. Pour la BCE, cetteprive les banques centrales d’un outil clé : la politique monétaire.
Lagarde redoute une: monnaie, moyen de paiement et infrastructure. Pour elle, les stablecoins alimentent cette ambiguïté. Ils ne seraient ni une monnaie officielle, ni une simple application de paiement, mais un entre-deux incontrôlé.
En face, Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, partage l’analyse :
Ils prétendent remplir la fonction de moyen d’échange de la monnaie, et doivent donc satisfaire au critère de la monnaie… ce qui revient essentiellement à garantir la préservation de leur valeur nominale.
La peur ? Perdre la main sur le levier des taux, sur l’inflation, et à terme… sur la souveraineté.
Crypto, euros et confusion : ce que le public ignore souvent
La crypto va vite, et les institutions ont du mal à suivre. Mais pourquoi cette pression soudaine pour?
Lagarde y voit une urgence :
Mon inquiétude, c’est que cette confusion mène à une privatisation de la monnaie.
Un scénario cauchemardesque pour les gouverneurs de banques. Quand, le pouvoir de la BCE fond. En juin, Lagarde poussait le Parlement européen à accélérer le lancement de l’euro numérique. Objectif : contrer cette invasion crypto.
Mais pendant que l’Europe tergiverse, les autres bougent. Aux États-Unis, leétablit un. En Corée du Sud, la fuite des capitaux vers ces actifs pousse Séoul à desserrer les règles du forex.
Le président de la Banque de Corée, Rhee Chang-yong, résume : « Sans régulation, les stablecoins peuvent saboter nos flux de capitaux. »
Et pendant ce temps, l’utilisateur lambda, lui, confond souvent crypto, stablecoin et euro numérique. Le vrai enjeu est là : la bataille sémantique avant la bataille économique.
Stablecoins : l’ancrage chiffré d’un changement de paradigme
Pour mesurer l’influence des stablecoins, rien ne vaut les chiffres. Leur essor ne relève plus de l’hypothèse mais du concret, ancré dans les usages.
Derrière l’alerte de Christine Lagarde, se cache une croissance fulgurante :
- 160 milliards de dollars : valeur totale des stablecoins en circulation dans le monde en 2024 ;
- USDT (Tether) représente plus de 65 % du marché global ;
- Plus de 80 banques centrales dans le monde explorent ou développent leur propre monnaie numérique ;
- En Europe, l’euro numérique est techniquement prêt mais toujours en attente de validation politique ;
- Les stablecoins indexés sur le dollar drainent une part croissante des flux financiers, au détriment des devises locales.
Lors de la conférence de Sintra, Jerome Powell a tranché :
Si nous devons avoir des stablecoins — et apparemment nous en aurons — il faut un cadre réglementaire.
Le message est clair : ils sont déjà là. Les chiffres, eux, ne mentent pas. Ils montrent que l’avenir de la monnaie pourrait bien être réécrit en dehors des murs des banques centrales.
Ce que les banques craignent est peut-être déjà en marche : internet appartient aux stablecoins. Le réseau s’appuie de plus en plus sur ces cryptos stables pour échanger, commercer, se rémunérer. La vraie question n’est donc pas « faut-il les réglementer ? », mais bien : à qui appartient la nouvelle infrastructure du monde numérique ?
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