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La France ouvre les vannes du crédit Lombard crypto - les banques traditionnelles grincent des dents

La France ouvre les vannes du crédit Lombard crypto - les banques traditionnelles grincent des dents

Published:
2025-05-12 05:00:00

Enfin ! La France franchit le Rubicon financier en légalisant le crédit Lombard adossé aux actifs cryptos. Une décision qui pourrait bien redistribuer les cartes de la finance européenne.

Les investisseurs institutionnels salivent déjà : plus besoin de vendre ses BTC pour accéder à des liquidités. Empruntez contre votre portefeuille crypto comme avec des actions traditionnelles - mais avec des taux bien plus attractifs.

Les banques françaises, elles, jouent les vierges effarouchées. Après avoir traîné des pieds pendant des années sur l’adoption crypto, les voilà contraintes de suivre le mouvement... ou de se faire doubler par les néobanques.

Petite pique au passage : quelle ironie de voir l’Hexagone, habituellement si frileux sur la crypto, devancer ses voisins sur ce coup. À croire que même les régulateurs les plus stricts finissent par céder face à la pression du marché.

En bref

  • Le crédit lombard crypto permet d’obtenir un prêt en euros sans vendre ses cryptomonnaies.
  • La loi DDADUE 5, récemment entrée en vigueur, encadre désormais ce mécanisme via une simple déclaration de nantissement.
  • Des incertitudes fiscales planent : l’usage des cryptos en garantie peut déclencher une imposition.

La crypto comme garantie : oui, mais avec gilet jaune

Len’est pas né hier. On en parlait déjà dans les cercles bancaires feutrés. Ce prêt, garanti par un wallet crypto, offre une promesse :. Tu bloques tes cryptos. Tu reçois des euros. En cas de défaut, le collatéral file à la casse.

Mais là où la France bouge enfin, c’est sur le. La loi DDADUE 5, en vigueur depuis le 30 avril, permet « la constitution d’un nantissement par déclaration signée du propriétaire des cryptos ». Une formalité en plus. Et un flou en moins.

Ce changement s’inscrit dans la logique MiCA, la grande charte européenne du marché crypto. « Le crédit lombard crypto est un outil formidable pour les HODLers structurés », commente Arnaud Touati. Mais attention : on structure peut-être, mais on ne démocratise pas encore.

Dan Arroche tempère :

Pas de révolution, juste une clarification juridique. 

Et encore, ce n’est que sur le papier. Le terrain reste miné. Les banques françaises restent sceptiques. Le risque est trop volatil. Les ratios de solvabilité trop fragiles. Bref, l’usage réel reste marginal.

MiCA, fiscalité : les boulets du progrès

Une avancée réglementaire ne rime pas toujours avec avancée pratique. Car dans le détail,. Et dans ce labyrinthe, le crédit lombard crypto pourrait bien tomber dans un piège.

Dan Arroche alerte : 

La question est de savoir si le placement de cryptos en garantie = transfert de propriété = événement imposable ?. 

Autrement dit, utiliser ses bitcoins comme gage pourrait activer… l’impôt. Et là, plus personne ne rigole.

BTCUSD graphique par TradingView

Il faut distinguer deux cas :

  • Sans dépossession : tu gardes tes cryptos, pas de transfert, pas d’impôt ;
  • Avec dépossession : si tes actifs sont transférés sans suivi individualisé, requalification en cession possible.

Autrement dit, undevient obligatoire. Pour éviter que l’innovation tourne à la.

Schéma du système de crédit lombard crypto – Source : Arnaud Touati (LinkedIn)

Voici les données à retenir

  • Date d’entrée en vigueur : 30 avril 2025 ;
  • Loi concernée : DDADUE 5 ;
  • Instruments concernés : les cryptos comme collatéral ;
  • Risques pour les banques : impact sur les ratios de solvabilité ;
  • Cas d’usage courant : quasi inexistant à ce jour.

À cette équation juridique s’ajoute un facteur psychologique :. Leur frilosité ralentit l’adoption. « Obtenir un crédit lombard crypto à des conditions acceptables est quasi impossible », conclut Arroche. 

On fait semblant de légaliser, mais personne ne joue le jeu.

Entre outil patrimonial et mirage doré

Pour qui est ce nouveau crédit ? Pour l’épargnant lambda ? Non. Pour les clients banque privée, peut-être. Pour les gros portefeuilles crypto, sûrement. Ce prêt reste, pas une porte d’entrée à la DeFi réglementée.

Dans les faits, très peu d’acteurs sont prêts. Peu d’institutions acceptent ce type de nantissement. Le marché crypto reste jugé trop instable. Et pourtant, certains y voient une opportunité.

Ce crédit peut devenir une, en conservant l’exposition au marché. Il séduit donc ceux qui veulent « hodler tout en achetant une maison ». Mais à condition d’être solidement conseillé, et solidement capitalisé.

Et pendant que certains avancent, d’autres dénoncent. Sur X, un utilisateur ironise :

Historiquement tous les emprunts de guerre furent des arnaques. Assurance-vie luxembourgeoise, crypto en self-custody, la menace se fait sérieuse. 

Le crédit lombard crypto serait-ilsur des plateformes centralisées ?

MiCA veut rassurer. Mais pour l’instant, il intrigue plus qu’il ne convainc. Tant que l’infrastructure bancaire ne suit pas, la promesse reste lettre morte.

La lenteur de la France sur les cryptos n’étonne plus personne. Même Michael Saylor, sur son piédestal américain, épingle cette inertie. Et invite les acteurs du pays à adopter davantage le bitcoin, plutôt que de le réguler à l’ancienne. Pour l’instant, l’Hexagone régule. Elle avance, mais à petits pas. Trop petits ? L’avenir le dira.

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