La crédibilité des BRICS mise à l’épreuve : l’Inde sous pression de l’Iran pour agir sur le conflit
L'Iran a appelé l'Inde. Deux fois en dix jours, pour être précis. Et ce que Pezeshkian a dit à Modi à chaque fois place la crédibilité des BRICS dans une position très inconfortable — il veut que le bloc intervienne, prenne position sur le conflit Iran-États-Unis-Israël, et utilise son poids pour arrêter les combats. L'appel téléphonique entre l'Inde et l'Iran du 21 mars a duré plus d'une heure. À la fin, les risques énergétiques mondiaux avaient une nouvelle adresse : le détroit d'Ormuz, déjà à moitié étranglé par le blocus de Téhéran, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du GNL mondiaux.
La diplomatie Inde-Iran sous tension face à la guerre des BRICS en Iran et aux risques énergétiques mondiaux
Source : TV BRICS
Ce que Téhéran veut réellement
La demande de Pezeshkian à Modi était précise. Il veut que les BRICS — avec l'Inde actuellement à la présidence — jouent ce qu'il a appelé un « rôle actif et direct » dans le conflit Iran-États-Unis-Israël. Il a également proposé un cadre de sécurité pour l'Asie de l'Ouest géré par les pays de la région, sans puissances étrangères, et a déclaré que l'Iran était prêt à engager des discussions sur la surveillance nucléaire. La crédibilité des BRICS, selon son raisonnement, se joue sur la capacité du bloc à agir concrètement ici ou à se contenter de déclarations.
L'ambassade d'Iran en Inde a déclaré : « La République islamique d'Iran attend des membres des BRICS, en particulier de la présidence indienne, qu'ils remplissent leurs responsabilités pour empêcher l'escalade et établir une paix durable dans la région. »
La Russie est également intervenue. Les frappes sur le site de Natanz en Iran ont provoqué une réponse ferme de Moscou — et le fait que deux membres des BRICS se retrouvent désormais du même côté du conflit Iran-États-Unis-Israël rend la position médiane de l'Inde encore plus difficile à tenir. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré : « Nous condamnons ces actions provocatrices et destructrices. La solidarité au sein des BRICS sera testée par les événements en cours. »
La réponse de Modi — et ce qu'elle ne disait pas
Source : DD News
Modi a condamné les attaques sur les infrastructures et a plaidé pour le maintien des voies maritimes ouvertes. Il n'a pas nommé les États-Unis ou Israël. Il n'a pas endossé le cadre proposé par l'Iran. Pour un pays qui importe environ 18 % de son pétrole brut par le Golfe, la relation avec l'Iran est trop importante pour être sacrifiée — mais celle avec Washington l'est tout autant. Son message sur X indiquait : « J'ai réitéré l'engagement de l'Inde en faveur de la paix et de la stabilité. Les voies d'approvisionnement énergétique mondiales doivent rester sécurisées et sans entrave. »
Le prix de l'inaction
Le Brent s'établit à 112,19 dollars le baril en ce moment — son plus haut niveau depuis le début de la guerre des BRICS en Iran le 28 février — et Goldman Sachs n'entrevoit aucun répit avant 2027. Le ministre israélien de la Défense a également signalé que les frappes sur l'Iran s'intensifieraient cette semaine. La crédibilité des BRICS n'a rarement eu autant de conséquences économiques, et les risques énergétiques mondiaux liés au détroit d'Ormuz rendent chaque jour d'inaction plus coûteux.
Que le bloc trouve un moyen d'agir — ou qu'il se fracture davantage sous la pression de la guerre des BRICS en Iran — est la question qui plane sur l'ensemble de la situation.